Résistance à l'impôt de guerre et campagnes en faveur de l'impôt pour la paix 10E Conférence internationale - Bruxelles, du 8 au 11 juillet 2004

DÉCLARATION FINALE

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2.8

Nous nous rencontrons en un temps de mondialisation de la violence. La guerre en Iraq, par exemple, a mené à une augmentation colossale des dépenses militaires – jamais peut-être des pays comme les Etats-Unis d'Amérique et le Royaume-Uni n'y avaient consacré autant d'argent en aussi peu de temps, entraînant dans ce trou sans fond les autres pays associés à cette guerre. L'urgence aveugle de partir en guerre à tout prix a exercé une énorme pression sur l'ensemble du système international. En Europe, nous assistons à un glissement aussi rapide que dramatique vers la militarisation de l'Union européenne. L'Inde nous rappelle qu'une épée de Damoclès nucléaire menace plus d'un milliard d'habitants en Inde et au Pakistan – et le reste du monde également. Des gens sont la cible d'actes de terrorisme horribles, et des millions de personnes partout dans le monde vivent dans la peur. Dans de trop nombreux pays, la guerre ouverte a remplacé la guerre froide, les structures sociales s'écroulent, et des millions de gens sont contraints de vivre dans une pauvreté abjecte, et dans le désespoir.

Ces développements nous préoccupent énormément. Or, nous affirmons qu'il n'y a pas lieu de désespérer : jamais peut-être la résistance à l'impôt de guerre et les campagnes en faveur de l'impôt pour la paix n'auront été aussi nécessaires ! Nous savons ce qui est impossible : stopper le terrorisme en utilisant la puissance de feu militaire.

Parmi de nombreux autres rapports nationaux, nous avons entendu, en provenance des  ÉUA, comment un membre du Congrès avait changé d'attitude face à nos mouvements juste après le 11 septembre, passant de « vous feriez mieux de vous taire pour un bout de temps » à « n'arrêtez pas de nous interpeller mais expliquez mieux ». On nous a dit aussi comment, dans tous les coins de ce pays, beaucoup d'Étasuniens s'opposaient à la guerre, faisant peu à peu le lien entre cette guerre et leurs impôts. Le Ghana nous a appris que, parmi tous ses voisins, il était le seul où il n'y avait aucun combat. Il nous a rappelé également qu'en cas de conflit, les plus éprouvés sont toujours les femmes et les enfants. De Colombie, nous avons entendu parler des terribles conséquences sociales résultant de ce que le pays est déchiré par la violence et complètement militarisé par des étrangers. Pourtant, ce n'est pas l'impôt de guerre qui pose problème dans ce pays, puisque peu de Colombiens sont assez riches pour payer des impôts. Leur problème, c'est que ce sont les contribuables étasuniens qui les paient à leur place !

Aucun pays n'est isolé ! Les impôts payés dans un pays servent maintenant à en militariser d'autres. Nous rejetons ce mécanisme et décidons de mondialiser l'esprit de coopération et de non-violence qui nous anime. Nous rejetons l'approche militaire des conflits et nous invitons chaque individu à laisser parler sa conscience et à refuser avec nous de participer à la guerre ou aux préparatifs de celle-ci, quels qu'ils soient; à aider à obtenir la reconnaissance légale de l'objection de conscience à l'impôt militaire; et à œuvrer ensemble à la mise en œuvre d'une approche non violente des conflits.

Un autre monde est possible ! Notre monde est capable de répondre aux besoins de chacun et chacune. Cessons de gaspiller l'argent dont nous avons tellement besoin pour rendre sa dignité à chaque être humain sur terre !

Adopté à l'unanimité par les 74 participants et participantes venus de 13 pays.